24 novembre 2011

Bref, j'écoutais la radio sous ma douche.

Bref, j’écoutais la radio sous ma douche. Comme d’habitude, j’écoutais MNM, un must dans mes contrées flamandes. Entre deux malheurs du monde et autres gros sons dénudés de toute subtilité, mon attention a été attirée par une touche de fraîcheur. Cela dit, ça ne m’a pas frappé tout de suite. Ce n’est que quand j’ai aperçu que j’avais éteint la douche et ouvert la porte afin de mieux écouter que je me suis rendu compte que j’aimais bien cette chanson.
Là, j’ai fermé mes yeux et je me suis concentré très fort afin de mettre un nom sur cette voix qui me charmait depuis 2 bonnes minutes. Résultat : j’avais froid et en plus le bruit des dernières gouttes qui s’échappent du pommeau de douche, c’est plutôt agaçant. En fin de compte, après un rude effort de concentration, j’y suis arrivé : Absynth Minded ! ‘Fin non, à vrai dire je m’en suis souvenu 10 secondes après que la speakerine ait vendu la mèche. Là, je me suis rué jusqu'à ma chambre, à l’étage, afin de consulter la seule source valable d’information au 21e siècle : Google. Et puis, je me suis rappelé que j’étais sous ma douche, et là, une étrange réflexion m’a traversé l’esprit. Si pour moi, un peu d’eau et de vagues bulles de savon me suffisaient comme vêtements, il était possible que mes cokoteurs aient un autre avis sur la question. Je suis retourné à la salle de bain avant de créer un esclandre. Je me suis séché, vêtu et puis dévêtu parce que mes vêtements étaient dans le mauvais sens, toute ma concentration étant prise pour retenir le nom de l’artiste et le titre qui m’avait fait vibrer. Pas évident…
Absynth Minded
          Je me suis installé à mon bureau, j’ai ouvert You Tube. Là, j’ai directement tapé « Envoi + Absynth Minded ». Double satisfaction, c’était la bonne chanson et en plus elle me plaisait toujours autant. J’ai joint l’utile à l’agréable, je me suis renseigné via Wikipédia sur ce groupe dont je ne gardais qu’un vague souvenir, le Rock Werchter 2010… J’ai appris que ce groupe était composé de 5 jeunes Gantois, et ça, cela m’a plu : ce groupe était bien de chez nous, et en plus issu de ma ville d’adoption. Et puis j’en suis arrivé à la composition du groupe. Il y avait un chanteur/guitariste, un batteur et une personne derrière des claviers. J’étais un peu déçu. Mais le groupe comptais un violoniste, alors je me suis dit que, là, ça devenait déjà plus intéressant. Puis, j’ai vu qu’ils avaient troqué leur bassiste pour un contrebassiste, j’étais carrément content. Non, j’étais super content. Il y avait bien une véritable touche d’originalité dans la composition d’Absynth Minded.
          Lorsque je me suis pris à remettre la chanson pour la 3e fois depuis le début, j’ai décidé de me pencher sur les paroles. Après m’être souvenu qu’elles étaient inspirées d’un poème d’Hugo Claus… mmh… plus exactement, après que Dailymotion m’ait appris qu’elles étaient inspirées d’un poème de l’auteur précité, je me suis lancé à tombeau ouvert dans la description des symboles cachés derrière ces vers. Malheureusement, je ne connaissais pas assez le poète et son œuvre pour en avoir une interprétation claire. J’en ai cherché une, j’en ai trouvé une, je l’ai trouvé bonne. Je l’ai trouvé très faible au final, j’ai réessayé, je me suis lassé, puis j’ai capitulé. Je me suis donc contenté de savoir que ce poème lui avait été inspiré par une de ses muses. Pour le reste, je vous renvoie à ma source (http://wouter7.blogspot.com/2009/11/envoi-hugo-claus-absynthe-minded.html).
           Après, je me suis emparé de ma guitare en me disant : « bah, ça ne peut pas être bien dur ». Cinq minutes plus tard, j’ai jeté ma guitare, par dépit. Si, c’était dur. J’ai boudé. Je suis descendu à la cuisine me faire du thé. J’ai croisé Mika. Il m’a dit que ce n’était pas moi l’artiste. J’ai répondu : « c’est vrai » et j’ai arrêté de bouder. Je suis remonté dans ma chambre. J’ai relancé une dernière fois la chanson. Je me suis laissé emporter par la voix aguichante et le couple violon et guitare. J’ai décidé qu’il ne fallait pas que j’écrive n’importe quoi et j’ai préféré m’en tenir à une description plus professionnelle du « timbre » si propre au groupe. Je me suis persuadé de ne citer que leur bio officielle. « L'utilisation d’instruments acoustiques (contrebasse, violon…), de matériel vintage (ampli guitare Matchless, ampli basse Ash down, orgue Hammond…), une production analogique et le chant en anglais de Bert Ostyn, toujours en équilibre, à la limite de la rupture, finissent de façonner le « son » ABSYNTHE MINDED, de lui conférer cette chaleur suave qui se retrouve autant sur disque que sur scène. » (http://www.absyntheminded.be/site/bio.php). Ça me paraissait bien. Je me suis dit que ça m’éviterait de tomber dans une description de bas étage et une querelle sans fin sur l’interprétation des termes que j’allais utiliser pour décrire un sentiment.
           Je me suis levé, j’étais irrité par la musique assourdissante qui retentissait un étage plus bas. Je suis descendu, c’était de la salle de bain que ça provenait. Quelqu’un avait oublié d’éteindre la radio et les lumières, et en plus il avait foutu de l’eau partout. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai rangé, tout en maudissant l’idiot qui était responsable de tout ce désordre.
           Bref, j’écoutais la radio sous ma douche.

Ecouter la chanson Envoi d'Absynth Minded sur Dailymotion 

Texte d’Hugo Claus et paroles de Absynth Minded


Mijn verzen staan nog wat te gapen.
Ik word dit nooit gewoon. Zij hebben hier lang
genoeg gewoond.
Genoeg. Ik stuur ze 't huis uit, ik wil niet wachten
tot hun tenen koud zijn.
Ongehinderd door hun onhelder misbaar
wil ik het gegons van de zon horen
of dat van mijn hart, die verraderlijke spons die verhardt.

Mijn verzen neuken niet klassiek,
zij brabbelen ordinair of brallen al te nobel.
In de winter springen hun lippen,
in de lente liggen zij plat bij de eerste warmte,
zij verzieken mijn zomer
en in de herfst ruiken zij naar vrouwen.

Genoeg. Nog twaalf regels lang op dit blad
hou ik ze de hand boven het hoofd
en dan krijgen zij een schop in hun gat.
Ga elders drammen, rijmen van een cent,
elders beven voor twaalf lezers
en een snurkende recensent.

Ga nu, verzen, op jullie lichte voeten,
jullie hebben niet hard getrapt op de oude aarde
waar de graven lachen als zij hun gasten zien,
het ene lijk gestapeld op het andere.
Ga nu en wankel naar haar
die ik niet ken.

My verses stand gawping a bit
I never get used to this
They lived here long enough
Enough!
I send them out of the house
I don’t wanna wait
Until their toes are cold
Enough!
I wanna hear the humming of the sun
Or that of my heart,
Hardening
Enough!

They don’t screw classically
They babble commonly
And bluster nobly
Enough! Enough!
In winter their lips leap
In spring they lie flat at the first warmth
They ruin my summer
And in autumn it’s girls and a broken heart

For another twelve lines on this sheet
I’ll hold my hand over their head
And then I’ll kick them out
Enough!
Go and pester elsewhere, one-cent rhymes
Find somebody who cares
Enough!

Go now on your high feet
This is where the graves laugh
When they see their guests
Enough!
One corpse on top of the other
Go now and stagger to her
Whom I do not know

Enough! Enough!
In winter their lips leap
In spring they lie flat at the first warmth
They ruin my summer
And in autumn it’s girls and a broken heart


* librement inspiré de l'admirable travail de Kyan Khojandi, cet article n’a d’autre vocation que de saluer le travail du Maître.

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